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Une autre forme de poésie

Le Haïku, poème miniature.

Présentation

mercredi 7 avril 2010, par Marc André Weikmans

Une brève présentation de cette forme de poésie intense qu’est le Haïku.


  • Introduction
  • Comment écrit-on en Haïku ?
  • Bashô, Buson, Issa, Ryokan et Shiki
  • Haïku, Tanka, Renku et Hokku ?

    Introduction

    Dans sa forme pure, le haïku se compose de 17 syllabes réparties en trois vers de 5, 7 et 5 syllabes. C’est un poème miniature qui exprime dans un langage simple des moments fugaces d’intense réalisation.
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    Shiki

    Il contient une référence à la nature (kigo), à une réalité non seulement humaine. Le haïku est une forme classique de la poésie japonaise, à la fois simple et complexe à définir. Le haïku est surtout une observation du surprenant : le haïku n’est pas plus long qu’une respiration, sobre, précis, subtil, dense et sans artifice littéraire.

    Une fleur tombée
    Remonte à sa branche
    Non, c’est un papillon !

    Moritake

    Le haïku évite les marques traditionnelles du poétique, telles la métaphore et la rime. Entre le poète et le lecteur, il y a une capacité à suggérer : l’émotion reposant sur quelque chose qui n’a pas été dit. Le haïku, qui propose un art de vivre, met la focale au point sur ce qui est là, maintenant ! les choses sont nommées pour elles-mêmes. Le haïku se lit à la lettre.

    Quand elle fond,
    La glace avec l’eau
    Se raccomode.

    Yeitoku

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    Issa

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    Comment écrit-on un haïku ?

    En japonais, langue d’origine du haïku, les règles d’écriture sont claires. Dans les langues étrangères – français, anglais par exemple – il n’existe pas de consensus concernant les techniques d’écriture, mais on peut considérer ce qui suit dans les grandes lignes :

    Le sujet : virtuellement tout peut être sujet à la production d’un haïku ! Mais en général, une scène banale de vie quotidienne, un moment de paix, sont utilisés par les poètes qui réussissent par leur art à donner au lecteur un point de vue complètement neuf sur ces sujets à priori banals.

    La capture de l’instant : surtout, pas de métaphore ! c’est interdit ! le haïku doit emmener au pays des songes, par l’évocation de la réalité, sans s’encombrer d’images plus ou moins fumeuses. Il signale un instant particulier, à nous de le revivre…

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    Sengyo (Jugijo)
    By Yosa Buson

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    Bashô, Buson, Issa, Ryokan et Shiki

    C’est le grand poète, Bashô [1] (1644-1694), qui éleva le Haïku à la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. Parmi les autres poètes, il faut citer Buson [2], Issa, Ryokan et Shiki. Comme tous les arts japonais associés à l’esprit du zen, le haïku évoque la solitude, l’esseulement ou le détachement - sabi - et l’esprit poignant de la pauvreté - wabi. Il y est toujours question d’une saison : les pruniers en fleurs pour le printemps ou les branches nues pour l’automne, par exemple.

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    Haïku by Buson
    "Une orchidée du soir,
    Cachée dans son parfum,
    la blancheur de la fleur."

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    Haïku, Tanka, Renku et Hokku


    Il serait aussi souhaitable de préciser quelques termes de la poésie japonaise classique. Un tercet de 17 (5/7/5) syllabes est appelé Haïku (le terme Haïkaï est encore parfois utilisé pour désigner un tercet). Il y a aussi le Tanka (Uta ou Waka) formé de 31 syllabes réparties en 17 (5/7/5) et 14 (7/7) syllabes. Outre le Haïku et le Tanka, il y a le poème lié ou Renku. Enfin, le Hokku est en quelque sorte l’unité de base de la poésie japonaise ; c’est l’ancien nom du Haïku, le premier verset du poème lié ou encore un verset détaché.

    Juxtaposition de l’immuable et de l’éphémère, légèreté humoristique désamorçant tous pathos, art du détail, fragment de vie, de souvenir, de rêve...

    Lire et écrire des Haïkus, c’est découvrir une conception autre de la poésie. Par son caractère unique, cette forme poétique permet à la fois la prise de conscience et l’expression de l’ICI et MAINTENANT ; il ne donne aucun espace à l’abstraction, à l’élaboration des sentiments, à la rêverie.

    Le Haïku est un poème concret, une poésie des sens et non des idées.

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    Yosa Buson Grave

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    Voir en ligne : Une adresse d’un Atelier d’écriture.

    P.-S.

    Cet article est en cours de rédaction.

    Notes

    [1] Bashô , le maître du haïku

    Matsuo Munefusa (1644-1694), dit Bashô (« bananier » en japonais), est généralement considéré comme l’interprète le plus authentique du génie poétique japonais. Maître incontesté du haikai-renga, du "poème libre en chaîne", qu’il pratiquait assidûment avec ses disciples, il fit du haïku, poème en dix-sept syllabes, un mode d’expression privilégié. Son histoire : Issu d’une famille de bushi (guerrier), vassal des châtelains d’Ueno dans la province d’Iga, le jeune Munefusa avait été dès son enfance attaché en qualité de page à la personne de l’héritier de son seigneur, Todo Yoshitada. Ce dernier mourut en 1666, et Munefusa, libéré de ses attaches féodales, quitta sa province pour Kyoto où il poursuivit ses études. En 1672, précédé d’un certain renom déjà, il se rendit à Edo, la capitale des Shogun Tokugawa, où il semble avoir d’abord occupé divers emplois administratifs. En 1681, il prit l’habit de moine et pratiqua la méditation sous la direction du maître de Zen Butcho. En même temps, il se retirait à l’Ermitage-au-bananier" (Basho-an), que Sanpu avait mis à sa disposition dans sa propriété de Fugawa, dans un faubourg d’Edo. Désormais il sera connu sous le pseudonyme de Bashô. L’incendie de sa maison au début de 1683 l’incita à faire un premier voyage dans la province voisine de Kai, tandis que l’on reconstruisait le Basho-an, grâce à une souscription parmi ses élèves déjà nombreux. La même année, Kikaku publiait un premier recueil de poèmes de l’école de Basho, dite Sho-mon. Cependant, Basho avait pris goût aux voyages. Les dix dernières années de sa vie se passèrent donc en d’incessants périples, coupés de retraites plus ou moins longues, soit au Basho-an, soit chez ses disciples. De ses voyages, il composait le récit sous forme de haibun, de sorte que, pour cette décennie, sa vie et son oeuvre se confondent totalement. Il mourut du reste, comme il l’avait prévu et peut -être souhaité, au cours d’un de ces voyages qui, pendant l’été et l’automne de 1694, l’avaient mené dans sa province natale, puis, par Nara, jusqu’à Osaka ou, entouré de ses disciples accourus, il composa son dernier poème :

    Malade en chemin
    en rêve encore je parcours
    la lande desséchée.


    Sur sa tombe, au monastère Gichu-ji à Fushimi, on planta un bananier.

    Source : encyclopédie Universalis et Haïku. Anthologie du poème court japonais, Paris, Gallimard, (Poésie no 369), 2002
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    [2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Buson_Yosa

    Buson Yosa, né Buson Taniguchi (1716 – 25 décembre 1783) et plus connu sous son seul prénom Buson, littéralement « Village Rustique », est un poète et un artiste-peintre japonais Bunjin-ga du XVIIIe siècle (milieu de la période Edo). Il est considéré comme l’un des quatre maîtres classiques du haïku japonais (Basho, Buson, Issa, Shiki).

    Auteur d’environ 3 000 haïkus, Buson rompt avec les formes baroques du XVIIe de Bashô en proposant un type de classicisme qui renouvelle le genre au XVIIIe en se basant sur l’ordinaire pour décrire l’essence des choses. Il est également l’inventeur du haïga (ou haiga, peinture accompagnée d’un haïku).

    De très belles représentations de Yosa Buson - http://thegreenleaf.co.uk/HP/buson/...
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